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Sécurité routière : sur la bonne voie

Article du numéro 388 - 15 octobre 2009

Boîte à outils

Campagnes d'affichages, aménagements routiers,sensibilisation des scolaires, création de pistes de sécurité routière, chartes ou codes de la rue... les collectivités ne ménagent pas leur effort pour prendre à bras-le-corps la préoccupation de la sécurité routière. Un vrai brevet de bonne conduite.

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Connaissez-vous Toufo ? Ce personnage revêtant l'aspect d'un « crash test dummy » a été créé par des collégiens de Gironde. Sa particularité : il va effectuer tout ce qu'il ne faut pas faire. Les élèves lui expliquent qu'il a « tout faux » et lui montrent les bons réflexes, les consignes et les règles à respecter.


L'enfant dans la ville

À l'initiative du conseil général, les collégiens ont filmé six courts-métrages destinés à ceux qui doivent apprendre comment mieux vivre la route. Avec le DVD qui en résulte, le département dispose d'un outil pédagogique de référence, utilisé à chaque fois que le sujet de la sécurité routière est abordé dans un établissement scolaire ou chez un transporteur. En charge des collèges, les conseils généraux sont en première ligne pour faire face à cet enjeu de la sécurité routière.
Et il reste beaucoup à faire : la mortalité a reculé de 8,2 % en 2008, mais le nombre de personnes tuées est encore de 4 443. En Gironde, une équipe de la Direction des transports terrestres se déplace ainsi depuis une dizaine d'années dans les collèges et les écoles primaires du département desservis par le réseau départemental pour sensibiliser les jeunes élèves à la sécurité routière.
L'association Prévention routière crée d'ailleurs cette année une nouvelle ­catégorie dans ses écharpes d'or : le Prix spécial « L'enfant dans la ville ». Les collectivités ont en effet un rôle important à jouer afin de rendre les villes plus accueillantes et accessibles aux enfants.


Du ludique à l'affiche...

Depuis janvier dernier, près de 3 000 élèves de l'Orne découvrent la 4e édition d'un jeu sur la sécurité routière. Inédite et interactive, cette version sous forme de concours promet aux collégiens de passer un moment ­ludique et pédagogique, avec à la clé un stage de pilotage à l'école de karting d'Aunay-les-Bois. Les élèves pouvaient y accéder sur www.tavidado.orne.fr, le site internet des 11-15 ans Ornais.
La Fédération française des motards en colère et le conseil général du Puy-de-Dôme interviennent, de leur côté, auprès des jeunes collégiens pour les sensibiliser à la conduite des scooters et cyclomoteurs. Des gants en cuir sont distribués, histoire de joindre le geste à la parole. La forme ludique, adaptée pour les collégiens, ne résume pas le ton de toutes les campagnes ­localement menées. Ainsi, la ville de Paris et la préfecture de police ont-elles récemment lancé une campagne de sécurité routière pour le moins percutante. Objectif : responsabiliser automobilistes, cyclistes, motards et piétons. Pendant un mois, des affiches de trois mètres de haut (sur 80 cm) représentant des ­silhouettes avec la tête en sang sont installées sur plusieurs axes de la capitales, accompagnées de six messages différents : « 20 conducteurs de deux-roues ont été tués à Paris en 2008 », « 16 piétons ont été tués en traversant irrégulièrement à Paris en 2008 »...

Radars pédagogiques en Seine-Maritime, création d'un collège départemental de la sécurité routière en Côte-d'Or ayant pour but, à la suite de chaque accident mortel sur le réseau routier départemental, de diligenter une enquête sur site, audit des seniors dans l'Ain... à l'évidence, les collectivités peuvent prétendre au brevet de bonne conduite.


« Mobiliser et impliquer tous les partenaires »

Yves Daniel,
vice-président du conseil général de Loire-Atlantique

« Quand on m'a confié la responsabilité au conseil général des transports interurbains, le schéma de transport n'existait pas encore. Or, transport scolaire veut notamment dire sécurité des enfants. Des actions étaient déjà menées à l'échelle départementale pour sensibiliser les enfants au risque : sécurité des points d'arrêts, sensibilisation des collégiens en 6e et 4e avec des intervenants spécialisés. Lors de la mise en œuvre de loi rendant obligatoire les gilets jaunes dans les véhicules et sur les deux-roues hors agglomération, je me suis dit qu'il s'agissait d'une opportunité à saisir pour rendre le port de ce gilet également obligatoire pour les scolaires. À chaque fois, lors des accidents, on dit : « Je n'ai pas vu l'élève ! ». Les gilets jaune fluo vont donc devenir le titre de transport scolaire pour les collégiens et les lycéens, dès la Toussaint, période durant laquelle 29 000 gilets seront distribués.
Le port du gilet vaut possession d'un titre. C'est le principe que nous avons posé. Son absence vaudra avertissement, même si nous ne laissons bien sûr pas d'enfant sur le bord de la route. Des « réticences » avaient été exprimées pour les ados il y a deux ou trois ans quand j'ai évoqué cette piste de travail. Avec cette mesure qui reçoit un bon accueil, on contribue désormais à l'éducation des parents, qui ont eux-mêmes déjà la responsabilité de leurs propres enfants, on fait le pari de faire évoluer notre culture dans ce domaine. Nous comptons mobiliser et impliquer tous les partenaires (parents, établissements, transporteurs, chauffeurs, syndicats de transport, délégués communaux, élus). On réfléchit d'ailleurs à une extension de cette mesure pour les écoles primaires. Et nous comptons beaucoup sur le relais médiatique pour relayer celle-ci ».


« Les collectivités doivent faciliter l'éducation routière »

Pierre Gustin,
délégué général Association Prévention routière


Pour contribuer efficacement à la lutte contre l'insécurité routière, toutes les collectivités doivent impérativement mettre en œuvre une politique globale à partir d'une analyse précise des facteurs de risques et d'accidents dans leurs communes et départements. Depuis sa création, il y a maintenant soixante ans, l'association Prévention routière n'a cessé de sensibiliser les collectivités aux différentes problématiques de sécurité routière et les associer à ses actions de prévention.
Tout d'abord, elles doivent développer et faciliter l'enseignement à l'éducation routière parce que les bons comportements s'acquièrent dès le plus jeune âge. Elles doivent encourager et même concevoir un programme continu en matière d'éducation routière, adapté à chaque tranche d'âge.
Les collectivités doivent également, par des actions adaptées, informer et sensibiliser la population par des campagnes de communication. Parallèlement, elles doivent donner l'exemple en réduisant la sinistralité de leurs flottes de véhicules par la mise en place de plans de prévention spécifiques et adaptés. Par ailleurs, dans les communes qui en disposent, la police municipale peut jouer un rôle important, non seulement pour faire respecter la réglementation, mais aussi pour mener des actions de prévention et de sensibilisation.
Enfin, les collectivités doivent plus que jamais impliquer les jeunes, les associer aux actions de prévention, comme par exemple dans les lieux festifs, dans le cadre de la lutte contre l'alcool au volant (opérations « Sam » - « Capitaine de Soirée »). Les conseils municipaux d'enfants ou de jeunes constituent des structures idéales pour faciliter leur participation.


Cholet en piste

Inaugurée à l'automne dernier, la piste d'éducation routière de la communauté d'agglomération du Choletais (CAC) s'étend sur 5 000 m2 et offre des équipements à taille réelle pour expérimenter la circulation des piétons et des deux-roues.
« Notre objectif est de faire découvrir aux jeunes l'univers de la route, avec ses contraintes et ses dangers, de les éduquer à la conduite des deux-roues et d'instaurer une relation de confiance entre eux et les forces de l'ordre », expliquait Jean Lelong, maire adjoint à la sécurité.
Pour financer ce projet de 187 500 euros, la collectivité a reçu le soutien de l'État (Fonds interministériel de prévention de la délinquance) et du conseil général du Maine-et-Loire. De nombreux partenaires se sont engagés dans cette réalisation (financements, présence, matériel, etc.).