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Une mobilité à sens unique

Article du numéro 387 - 01 octobre 2009

Leader

Stéphane Pintre, administrateur territorial, est DGS d'Antibes-Juan-les-Pins et président du Syndicat national des directeurs généraux.

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Stéphane Pintre

Stéphane Pintre,
administrateur territorial, est DGS d'Antibes - Juan-les-Pins et président du Syndicat national des directeurs généraux.


Qu'espérez-vous et que craignez-vous de la future loi sur la réforme territoriale ?

Nous en espérons une simplification des structures et des compétences de toutes les collectivités. Nous souhaitons qu'émerge un nouveau niveau d'administration de collectivité plus pertinent, afin que les compétences de chacune soient exercées plus ­efficacement. L'avant-projet de loi tel que nous le connaissons aujourd'hui est très innovant pour les com­munes, dont il ­reconnaît le rôle ­indis­pensable dans la mise en œuvre des ­politiques de proximité. De même, l'idée d'achever et de rationaliser l'intercommunalité est une ­nécessité. De ce point de vue, le projet répond à nos préoccupations. Ce texte comprend de plus de nombreuses propositions pour permettre à l'action publique de l'ensemble des collectivités de retrouver leur efficacité.


La réforme comporte-t-elle des dangers pour les DG ?

On ne peut pas parler de danger. Le syndicat est favorable depuis longtemps à la mutualisation des services entre communes et ­intercommunalité et à des directions générales uniques. La réalité politique ne l'a pas voulu ainsi, mais pour des raisons financières et de bonne gestion des services, on y revient aujourd'hui. Certes, il y a donc un danger de voir diminuer le nombre de poste de DGS, mais l'enjeu n'est pas la multiplication des postes de direction générale, c'est l'efficacité de la gestion administrative sur les territoires.

Surtout, nous attendons des débats parlementaires qu'on travaille enfin sur l'institutionnalisation de la fonction de directeur ­général. Sans mettre en place un statut complexe, il faut formaliser son existence dans la loi, clarifier ses compétences et ses responsabilités.


Quel jugement portez-vous sur la loi mobilité pour la fonction publique ?

Dans le principe oui, mais elle a été faite ­essentiellement pour les fonctionnaires d'État. Certes la mobilité des territoriaux reste possible, mais elle se heurte à deux difficultés : la disponibilité des postes d'abord, car il n'y a pas beaucoup de postes susceptibles d'être occupés par des territoriaux dans l'administration d'État ; les correspondances d'indice ensuite, qui empêchent des territoriaux de postuler à certains postes d'État. C'est en particulier le cas des directeurs territoriaux, qui ont un indice terminal à 985 alors que beaucoup d'emploi de la FPE culminent à 1015. Pire : l'État crée des indices transitoires dans les cadres d'emplois des ­directeurs territoriaux pour permettre à ses directeurs d'y accéder, avec un indice auquel les directeurs territoriaux eux-mêmes ne peuvent parvenir. On reste donc massivement dans une mobilité à sens unique.


Fallait-il alléger le concours d'attaché ?

Nous avons déjà eu l'occasion de le dire : en matière de formation, nous sommes passés d'un extrême à l'autre. Nous souhaitons clairement que ce dispositif soit revu, sans revenir aux formations d'avant, mais en ­redonnant à cette formation initiale un contenu professionnel plus consistant. Il faut également trouver un système qui permette de distinguer les attachés qui viennent des écoles ou des universités et qui ont besoin d'acquérir une culture territoriale, et ceux qui sont déjà depuis longtemps dans des collectivités, mais qui passent déjà des concours d'attachés en externe.

Quant à la simplification du concours, nous n'y sommes pas opposés. Mais là encore, il faut distinguer les épreuves très académiques qui peuvent être revues, notamment pour les internes. Il ne faut pas faire l'impasse sur les capacités de management, car le grade d'attaché ouvre la voie à des postes, notamment de ­direction ­générale, où elles sont ­nécessaires.


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