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Interco : « place à la culture ! »

Article du numéro 385 - 01 septembre 2009

Leader

Olivier Bianchi est vice-président de la communauté d'agglomération de Clermont-Ferrand chargé de la culture et adjoint au maire de Clermont-Ferrand chargé de la politique culturelle. Il a piloté le chantier de l'intercommunalisation de la politique culturelle à Clermont Communauté.

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Olivier Bianchi est vice-président de la communauté d'agglomération de Clermont-Ferrand  chargé de la culture et adjoint au maire de Clermont-Ferrand  chargé de la politique culturelle. Il a piloté le chantier de l'intercommunalisation de la politique culturelle à Clermont Communauté.


Quel est le bon périmètre de l'intercommunalité culturelle ?

L'échelon d'action intercommunal n'est pas exclusif d'autres échelons d'intervention. L'action régionale a ainsi sa pertinence, et l'État doit continuer à intervenir pour le ­rééquilibrage et la solidarité des territoires. Pourtant, les gens habitent moins des communes que des bassins de vie. Il faut concevoir l'offre culturelle sur un périmètre ­intercommunal. Mais il y a une deuxième échelle pertinente : celle des réseaux, qui sont une nouvelle échelle de développement pour la lecture publique, l'enseignement ­artistique et même le spectacle vivant. Un exemple : l'agglomération de Clermont-­Ferrand, plutôt que de doter chaque bibliothèque de DVD, va monter un fonds mutualisé qui va tourner dans les différents établissements pour que tout le monde en profite.


Au-delà du transfert des équipements, peut-on créer une vraie politique culturelle intercommunale ?

Évidemment, pour la raison première que les habitants de l'intercommunalité vivent déjà la politique culturelle sur ce territoire sans connaître les frontières communales. Les politiques culturelles adaptées à leur bassin de vie, celui de l'interco, sont pertinentes. Mais, pour les acteurs culturels, l'intercommunalité est encore lointaine, et les communes restent un interlocuteur privilégié. Certains élus, encore attachés à leur pouvoir, ont souvent du mal à imaginer la mutualisation et la mise en réseau. Mais l'interco est d'autant plus un territoire pertinent pour la culture qu'on peut, notamment dans certains secteurs comme la lecture publique ou l'enseignement artistique, mettre en réseau des établissements avec une plus-value pour les habitants.


Il y a donc une spécificité culturelle de l'interco ?

Le paradoxe est que les communes riches en culture ne sont pas celles qui veulent le plus partager. Mais est-ce un paradoxe ? Il faut bien comprendre que les politiques culturelles ont été portées par un élu municipal très impliqué, qui y a parfois construit son image. On peut comprendre qu'il lui soit difficile de transférer son « bébé » à un ­échelon où la visibilité sera bien moindre. C'est le cas de certaines villes moyennes de périphérie d'intercommunalité, qui ont eu des politiques culturelles structurées. En ­revanche, les ­petites villes, qui n'ont pas les moyens de ces politiques culturelles, ­trouvent dans la solution intercommunale les moyens de pallier ce ­déficit ­financier. Enfin, les villes centres, qui ont construit de fortes politiques culturelles, mais avec de fortes charges de centralité, poussent aussi à l'intercommunalisation. Du coup, les commissions culturelles intercommunales deviennent des espaces d'hypernégociation, où ces intérêts contradictoires doivent déboucher sur un projet culturel commun et où chacun retrouve son intérêt. Ce peut être de nouveaux équipements pour l'ensemble du territoire, comme les « Champs libres » à Rennes avec la remise à niveau d'équipements et leur élargissement à tout le territoire, comme nous l'avons fait à Clermont. Enfin, j'ajouterai que l'intercommunalité culturelle fait émerger de nouveaux acteurs politiques. Plusieurs études montrent que les élus intercommunaux chargés de la culture ne sont très majoritairement pas les anciens adjoints municipaux à la culture. Ce nouveau personnel politique sera peut-être le moyen de poser de nouvelles questions aux politiques culturelles.


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