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Quand Roig tracte contre... Borloo !

Article du numéro 384 - 15 juillet 2009

Subventions

Inquiète du flou entretenu par Jean-Louis Borloo sur le financement par l'Etat d'une rocade autour d'Avignon, Marie-Josée Roig maire UMP de la cité papale, a tracté fin mai pour faire entendre raison au gouvernement... UMP. Sans succès, pour l'heure.

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Il n'est jamais simple de construire des projets routiers dans et autour d'Avignon. La Liaison Est Ouest, dite LEO, en est une nouvelle illustration. Ce tronçon routier doit relier l'A7 à l'A9 pour désengorger la circulation autour d'Avignon.


Foire d'empoigne sur le financement

Mais les collectivités locales s'empoignent toujours pour savoir qui doit payer. Or, la ville papale et ses environs sont à cheval sur trois départements et deux régions. Autant dire que dégager un accord financier ­réclame du doigté, surtout en ­période de resserrement budgétaire. Si la première tranche a fini par voir le jour, non sans difficulté, la phase II, notamment du côté du conseil général du Gard, se présente sous un jour moins favorable.

Remontée, Marie-Josée Roig, maire et ­députée UMP, n'a pas hésité à interpeller Jean-Louis Borloo dans l'hémicycle le 7 mai pour « qu'il manifeste son envie ou pas, de poursuivre le projet ». Et de réclamer au ministre de « mettre tous les ­financeurs ­autour d'une table et de les pousser à assumer leur part de financement ». La ­réponse du ministre a maintenu le flou artistique : « Les projets sont examinés à l'aune de leur impact environnemental ». Et deux ­acteurs majeurs traînent les pieds : Georges Frêche, président de la région Languedoc et Jean-Noël ­Guérini, président du conseil général des Bouches-du-Rhône, réservent leur ­décision.


« Il en va de la survie du territoire »

Marie-Josée Roig n'en démord pas : ce projet est vital pour le développement économique du Grand Avignon. Elle a récemment agité un chiffon rouge en évoquant la possibilité d'un financement privé. Mettre la LEO en concession, en envisageant un péage... côté Gard. « Mieux vaut une LEO à péage que pas de LEO du tout » dit-elle.

Dans l'attente, la députée maire a ­décidé de lancer une grande campagne de sensibilisation auprès des Avignonnais pour que ces derniers la soutiennent dans sa ­volonté de faire plier... le gouvernement ! Début mai, les élus, Marie-Josée Roig en tête, ont multiplié opérations coups de poing et distributions de tracts où ­seront écrites quelques gentillesses à l'endroit de Borloo ! Sans oublier une campagne de pub institutionnelle où Madame le maire invite la population à signer une ­pétition pour la LEO.


« Nécessité environnementale »

L'équation comptable est simple : l'État doit injecter 260 M. d'euros pour boucler un budget de 367 M. ! « J'attends que le ministre d'État réunisse les financeurs et que les ­départements du Gard, des Bouches-du-Rhône et de la région Languedoc-­Roussillon se positionnent », assure-t-elle. Elle a rencontré récemment le directeur de cabinet de Jean-Louis ­Borloo. « Les négociations se poursuivent », dit-on dans son entourage.

Marie-Josée Roig a obtenu le soutien de François Mariani, président de la chambre de commerce et d'industrie du Vaucluse. Lors de la remise de sept cents signatures des chefs d'entreprise, le président a assuré « avoir bon espoir » que l'État entende raison. « Sans lui, c'est foutu. Il en va de la survie du territoire ». Une déclaration solennelle qui pourrait préfigurer d'autres colères publiques de Madame le maire...


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