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Accueil des gens du voyage : encore un effort !

Article du numéro 382 - 15 juin 2009

Boîte à outils

La loi sur l'aménagement de terrains d'accueil des nomades par les communes de plus de 5 000 habitants ou leurs EPCI a presque vingt ans. Reconduit à plusieurs reprises, le délai de deux ans accordé pour se mettre en conformité et bénéficier d'aides de l'Etat, a pris fin le 31 décembre 2008. pour autant, le compte n'est toujours pas bon pour bien des collectivités.

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« 75 % des aménagements prévus en 2003 dans le schéma départemental pour l'accueil des gens du voyage en Haute-Garonne, ont été réalisés mais doivent se poursuivre dans les communes qui n'ont pas tenu leurs engagements. Ces dernières ne peuvent plus déroger à cette obligation car théoriquement, elles ne pourront plus prétendre aux subventions de l'État, voire du département et cela risque de leur coûter très cher. Aménager une aire d'accueil, c'est le minimum. Si tous les emplacements avaient été aménagés, les collectivités rencontreraient moins de difficultés avec les stationnements illicites, explique Éric Vanderwal, directeur du SIEANAT, syndicat aux missions de conseil, de sensibilisation aux élus, d'études aux problématiques d'accueil des populations ­nomades (habitat, scolarisation, santé, insertion).


Gestion mutualisée : la formule gagnante

« Mutualiser la gestion des aires d'accueil permet aux communes de réaliser des économies. À partir de cinq aires, ça ne coûte rien à la commune et au-delà de dix, le gestionnaire dégage même des bénéfices pour réinvestir », poursuit Éric ­Vanderwal. Le SIEANAT défend l'idée du couple gestionnaire-élu référent, duo indispensable présent sur le terrain pour un contact direct et un suivi ­régulier des familles. D'autres collectivités font le choix de confier la gestion de leurs aires d'accueil à une structure privée, comme la CC de Longwy ou la CA de Mulhouse qui ont délégué la gestion des aires à la société Adoma. Elle gère une quarantaine d'aires d'accueil en France avec une offre qui ­intègre souvent une intervention ­sociale, afin de favoriser l'insertion et la scolarisation des enfants. Le gardien-­régisseur joue un rôle d'interface ­important entre la collectivité et les ­familles.


Des régisseurs territoriaux mal formés

« Les agents territoriaux qui exercent ce ­métier ne sont pas suffisamment formés, ­déplore Éric Vanderwal qui estime que cette fonction, à l'instar des médiateurs dans les cités, mériterait un statut particulier dans la filière socio-éducative. Leur nombre va augmenter sachant qu'il faut un régisseur pour quarante ­caravanes. « Il n'y a pas que la formation des régisseurs qui pèche... la volonté politique aussi et toujours, la peur de l'autre, renchérit le directeur du SIEANAT. Pourtant les ­outils et les aides au montage et à la mise en place de solutions d'accueil existent ». « Les révisions des schémas départementaux en 2009, vont d'ailleurs permettre de réintégrer des réalités culturelles qui avaient été mal ou insuffisamment prises en compte par la loi Besson et notamment le choix de ces ­familles d'une semi-­sédentarisation, fait remarquer, Hervé Rodes, de la CA d'Agen. Il faut absolument ­développer les terrains ­familiaux, ­solution d'accueil qui facilite la scolarisation des ­enfants, l'intégration professionnelle et ­sociale des gens du voyage ».


En chiffres

Environ 150 000 personnes en France ont un mode de vie itinérant et vivent en résidence mobile.
Seules 25 % des places rendues obligatoires par la loi ont été réalisées.


le SIEANAT sensibilise les élus à l'aménagement de terrains familiaux

Face à la demande très forte des nomades de disposer d'un « port d'attache », le SIEANAT, premier syndicat mixte français chargé de l'accueil des gens du voyage, tout en portant ses efforts pour les cinq prochaines années sur la réalisation de cinq terrains de grand passage, va s'atteler à la création de terrains familiaux sur les 85 communes qu'il réunit en son sein. « Nous planchons sur l'aménagement de terrains familiaux de 3 000 m2 avec un habitat en dur servant de pièce de vie et de réunions autour duquel peuvent s'installer une ou deux caravanes, précise Éric Vanderwal, directeur du SIEANAT.

Contact : Éric Vanderwal, directeur, 05 61 73 64 50, sieanat@wanadoo.fr


La Métro : de petites aires de semi-sédentarisation de grande qualité

« Cela fait 25 ans que l'agglomération grenobloise investit pour accueillir les gens du voyage », explique Louis-Marie Saglio, responsable du service investissements, équipements et activités. La Métro poursuit l'aménagement de petites aires communales de semi-sédentarisation en veillant à la qualité de leur conception. La dernière en date de 16 places, soit 8 familles, comprend des blocs sanitaires individualisés et parfaitement isolés qui délimitent des zones de vie privatives où pourront stationner deux caravanes par famille. « Pour chaque emplacement, la Métro investit 60 000 euros », indique Louis-Marie Saglio. Pour la gestion des aires d'accueil, la Métro a fait le choix de s'adjoindre les services d'un prestataire extérieur, la société SG2A ».


Louis-Marie Saglio, responsable du service investissements, équipements et activités, 04 76 59 59 59, louis-marie.saglio@lametro.fr


CA d'Agen : mieux prendre en compte la culture des familles

Hervé Rodes, responsable du service contrats de ville
herve.rodes@agglo-agen.fr,  05 53 69 68 83

« La communauté d'agglomération d'Agen a satisfait à ses obligations en 2001 pour l'accueil semi-sédentaire et de voyageurs d'une aire d'accueil de 18 caravanes, puis en 2007 avec un nouveau terrain de 24 caravanes, précise Hervé Rodes, responsable du service contrats de ville. Sur cette dernière, nous réfléchissons à la possibilité de créer une halte-garderie - sous la responsabilité d'un professionnel de la petite enfance secondé par une femme issue de la communauté des gens du voyage - pour faciliter et préparer la scolarisation de leurs enfants », souligne-t-il. Une troisième aire de 12 emplacements (24 caravanes) pour un total de 66 caravanes est en cours de réalisation pour un coût de 977 628 euros dont 85 % pris en charge par la CAA.


Région de Cognac : un nouveau concept d'accueil des gens du voyage, l'Agora

Serge Lebreton, directeur du centre social des quatre roues, 05 45 82 02 83

Le Centre social intercommunal des quatre roues géré par l'AGVRC (Association des gens du voyage de la région de Cognac) a inventé un nouveau concept d'accueil des gens du voyage : l'Agora. « Il s'agit de favoriser l'insertion spatiale des gens du voyage au c½ur de la cité en leur permettant de s'installer pendant une semaine sur des places d'une ville plutôt que de reléguer ces communautés dans des aires d'accueil stigmatisantes », explique Serge Lebreton, directeur. À ce jour il n'existe cependant qu'une seule Agora dans la région de Cognac sur les trois prévues par le schéma départemental. Serge Lebreton reconnaît volontiers la difficulté de convaincre les élus de mettre en place une Agora sur les places de leur ville. « Et pourtant, souligne-t-il, il faut développer les Agora comme les terrains familiaux aux côtés des aires d'accueil traditionnelles ».


À lire


« Aires pour nomades : la patate chaude ! »,  La Lettre du cadre territorial, n° 281, 15 septembre 2004.

Pour aller plus loin


« L'accueil des gens du voyage », un ouvrage de Territorial Éditions. Sommaire et commande