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Jeux OlympiquesLe 18 mars, le couperet tombait : c'était Annecy qui décrochait la candidature française aux Jeux Olympiques d'hiver 2018. Pur les responsables des candidatures de Grenoble, Pelvoux et Nice, la déception était immense. Quelques semaines après, ils témoignent que leurs efforts auront des suites. La Lettre du Cadre Territorial numéro 380 (15 mai 2009) |
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Gilles du Chaffaut
DGS de la ville de Grenoble
Depuis la nomination d'Annecy, avez-vous des regrets de n'avoir pas été choisis ?
« C'est plus de l'amertume que de la déception. Parce que nous n'avons pas compris la décision du comité olympique. Nous pensions avoir un dossier technique très solide et nous étions donnés favoris. Cela dit, on a très vite repris le dessus. On a voulu capitaliser sur l'ensemble du travail qui avait été mené. Une grande partie des projets avancés pendant la phase de requérance sera réalisée.
Quelle a été l'ampleur de la mobilisation dans les services de la ville ?
« Tout le monde s'est fortement mobilisé. La population avec 50 000 cartes de soutien, les entreprises (1 200 se sont mobilisées), les stations de ski de l'Oisans, du Vercors, de Belledonne et de la Chartreuse. Les services techniques et de la communication ont été aussi très sollicités pour convaincre de l'attrait touristique et économique de Grenoble. Outre des liens renforcés entre les acteurs économiques et politiques, la mobilisation a permis sans conteste une meilleure communication entre les collectivités.
Des projets inscrits au dossier de candidature seront-ils tout de même développés ?
« Les projets déjà engagés comme la réfection de la gare de Grenoble et la création du Pôle d'échanges de Rives vont se poursuivre. À terme, cela signifie de nouvelles lignes, un gain de temps sur les trajets TGV et une augmentation de la fréquence des TER. Nous espérons accélérer le projet de doublement de l'A48 et de la rocade nord. Sur le volet « développement du territoire », la réflexion sur de nouvelles liaisons entre Grenoble et les stations, entre l'agglomération et ces mêmes stations et entre les stations elles-mêmes va être poursuivie : liaisons par câble entre Grenoble et Chamrousse mais aussi pour l'Alpe d'Huez et les Deux-Alpes. »
Michel Bouchot
DGS de la ville d'Annecy
Avez-vous été surpris de la victoire d'Annecy au premier tour ?
« Pas totalement. Nous espérions être retenus car notre dossier était tout à fait crédible. La région a déjà organisé 60 % des coupes du monde de ski. Avec le Mont-Blanc, le lac d'Annecy et la Suisse à proximité, elle est très attractive pour des événements sportifs internationaux. Je crois aussi que nous avons bien compris quelles étaient les attentes du comité olympique et du monde sportif. C'est peut-être ce qui a constitué un « plus » décisif en notre faveur. Aujourd'hui, nous avons une place d'outsider. Nos chances sont réelles et nous allons tout faire pour gagner cette sélection.
Comment se sont mobilisés les services de la ville ?
« Le travail était circonscrit aux services sportifs et de la communication sous la tutelle de la DGS. Il y a eu une forte implication des élus et l'émergence d'un partenariat très étroit avec le conseil général. Ce ne fut pas une ville qui portait sa candidature, mais tout un territoire. Concrètement, nous avons obtenu l'adhésion de la quasi-totalité des communes et structures intercommunales, soit 350 collectivités, alors que seulement 12 communes sont réellement concernées par le projet !
Quels projets seront développés et resteront, même en cas d'échec de votre candidature ?
« Il y a deux projets de patinoires à Annecy et au pied du Mont-Blanc, un anneau de vitesse à vocation internationale près du campus universitaire. Un tremplin de saut sera également réalisé à la Clusaz. Nous allons accélérer le projet de construction d'un « tram des neiges » entre Annecy et la plaine du Mont-Blanc, afin de relier les deux villages olympiques distants de 80 kilomètres. Une partie des logements locatifs qui seront mis à la disposition des villages olympiques sera ensuite proposée aux travailleurs saisonniers. Enfin, il y a aussi un projet de 400 à 500 chambres d'hôtels haut de gamme qui constitueront un parc hôtelier supplémentaire pour le tourisme d'affaires. »
Cyrille Drujon d'Astros
Président de la communauté de communes de l'Argentière
Depuis la nomination d'Annecy, avez-vous des regrets de n'avoir pas été choisis ?
« Déçus oui mais pas surpris. Nous avions souhaité porter un projet différent des autres. Le concept était d'intégrer un territoire « transnational » dont la commune de Pelvoux était le porte-drapeau. Nous avions les infrastructures : l'aéroport de Turin à 1 h 30, des sites sportifs à moins de 20 minutes, un anneau de vitesse et une piste de bobsleigh à Turin... Notre idée était, en limitant les déplacements et en utilisant les équipements existants, de proposer un bilan carbone plus positif et des coûts maîtrisés.
Mais nous n'avons pas été compris sur ces points.
Quelle a été l'ampleur et la nature de la mobilisation dans les services des collectivités impliquées ?
« La mobilisation a touché le département, la région, les stations, les communes, les élus, les acteurs économiques... De Marseille à Turin, cela représentait 3 millions de personnes et 800 000 licenciés tous sports confondus. Sur chaque événement, 1 000 à 1 500 personnes étaient mobilisées.
On n'était donc pas si « petit Poucet » que ça. Ce que les JO 2018 ont créé, c'est une vraie dynamique générale. Les gens ont pris conscience de la détermination du département et que l'on pouvait travailler ensemble.
Des projets inscrits au dossier de candidature seront-ils tout de même développés ?
« Il est d'abord question d'homologuer plusieurs sites de ski de fond : celui de Vallouise, le stade de biathlon de Freissinières et le stade de ski acrobatique de Risoul. Concernant les déplacements, un désenclavement de la desserte ferroviaire est en cours sur l'axe Marseille-Briançon, avec des voies supplémentaires qui permettront d'augmenter la vitesse et la fréquence des trains. Sur l'axe Marseille-Turin, la percée ferroviaire sous Montgenèvre est toujours prévue. Un débat public aura lieu courant 2010. »
Bernard Maccario
Directeur de cabinet adjoint à la mairie de Nice, coordonnateur du comité de pilotage Nice 2018
Depuis la nomination d'Annecy, avez-vous des regrets de n'avoir pas été choisis ?
« C'est vrai, nous avons été surpris. Et même désagréablement, j'en conviens. Pas par la nomination d'Annecy, mais par la procédure qui a mon sens n'a pas été conforme à ce qu'elle aurait dû être. Mais soyons beau joueur. Ce qui importe aujourd'hui, c'est qu'Annecy défende les couleurs de la France, et là-dessus, nous avons toujours dit que nous serions derrière le gagnant.
Quelle a été l'ampleur et la nature de la mobilisation dans les services des collectivités impliquées ?
« Ce projet a permis de faire collaborer pour la première fois tous les services des trois collectivités, mairie, conseil général et communauté urbaine. Chaque groupe de travail associait nécessairement les services des trois collectivités. C'était indispensable parce que l'enjeu était fort : il fallait prouver que Nice est aussi un territoire de montagnes. Indispensable aussi afin que chacun ait une bonne visibilité et soit conscient des contraintes respectives de chaque service. Lorsque nous avons organisé une visite des installations sportives à Turin par exemple, les services techniques ont pu voir quels choix architecturaux avaient été faits et quelles étaient les contraintes techniques.
Des projets inscrits au dossier de candidature seront-ils tout de même développés ?
« Dans l'Eco-Vallée, située dans la plaine du Var, trois projets verront le jour : un palais des expositions, une résidence universitaire et une patinoire à Saint-Isidore. Sur le volet routier, il est prévu l'achèvement de la deux fois quatre voies de la 6202 bis en direction des stations du Mercantour, le contournement de Saint-Sauveur-sur-Tinée et l'élargissement des chaussées sur trois voies, l'installation de paravalanches sur la route d'Isola 2000. Enfin, la seconde ligne de tramway, qui traversera Nice d'est en ouest, devrait être engagée. »
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