La Lettre du cadre territorial

Le magazine des professionnels de la gestion territoriale.

Accueil > Magazines > Lettre du cadre

La Lettre du Cadre Territorial

Un magazine à destination des cadres de la filière administrative qui balaye l'ensemble des questions managériales et décrypte l'actualité dans les domaines RH, finances et juridiques sur un ton impertinent, engagé et incisif.

Ajouter au panier Vous abonner (voir tarif )
(Règlement par CB, chèque bancaire ou mandat administratif)

A partir de :

119 €

Éco-quartiers : le nouveau défi urbain

Article du numéro 372 - 14 janvier 2009

Boîte à outils

D'ici 2012, tout programme de développement "significatif" devra intégrer au moins un éco-quartier, comme l'a préconisé le groupe de travail climat du Grenelle de l'Environnement. Les collectivités françaises accusent une longueur de retard par rapport à leurs voisines européennes, mais des dizaines de projets d'éco-quartiers sont néanmoins lancés.

Envoyer cette page à un ami

Soyez le premier à rédiger un commentaire !

Tous les articles du numéro 372

Télécharger cet article en PDF

« Les villes françaises ont vingt ans de retard sur la réalisation d'éco-quartiers, constate Astrid Scharly, vice-présidente chargée du développement durable et de l'agenda 21 à Lille Métropole. Réfléchir globalement à la problématique du logement et du transport et de l'économie dans une perspective de développement ­durable est à la fois une urgence et une vraie responsabilité pour notre collectivité ». La communauté urbaine de Lille est enga­gée pour les douze prochaines années dans un ambitieux programme de renouvellement urbain « durable » avec la réhabilitation du site de l'Union, un secteur de 80 hectares labellisé « éco-quartier » regroupant environ 10 000 habitants. « Nous avons souhaité aller plus loin que la seule prise en compte de l'aspect environnemental par le respect des quatorze cibles HQE, mais en intégrant également des exigences de mixité et de diversité sociales, d'accessibilité pour les personnes à ­mobilité réduite ou ­encore l'autosuffisance énergétique ». Le futur éco-quartier sera également créateur d'emplois, avec l'accueil de nouvelles entreprises et de nouveaux métiers autour des filières « textiles ­innovants » et « image-culture-média ».


Des éco-quartiers à essaimer

À Nantes, l'éco-quartier de la ZAC ­Bottière-Chénaie concilie qualité ­architecturale HQE, espaces publics ­attractifs, conviviaux et agréables à ­vivre, déplacements doux. Ce projet veut aussi contribuer à freiner l'étalement urbain et la « fuite » des ménages primo-accédants, aux revenus modes­tes ou intermédiaires, vers la périphérie en leur offrant, en plus des 25 % d'habitat locatif social, des logements de qualité à des prix abordables (20 à 25 % inférieurs à ceux du marché de l'immobilier nantais).


À Grenoble, un nouvel éco-quartier de 8,5 hectares à 10 minutes du centre-ville est en cours de construction : 850 logements neufs, 15 000 m2 de commerces, des restaurants, un hôtel de 100 chambres, 6 000 m2 de bureaux, une résidence étudiante d'une centaine de studios, une école primaire de 15 classes avec une cantine scolaire et 5 hectares de parc urbain et de jardins en c½ur d'îlot. Objectif : réduire de 30 à 40 % la consommation d'énergie par rapport aux standards applicables dans les constructions traditionnelles. Le Sud n'est pas en reste : Marseille va lancer les coups de pioche de son premier éco-quartier. De même pour Alès, avec le lancement d'un projet de 600 logements, des commerces et des structures publiques collectives sur 16 hectares de friche industrielle.


Petit Bétheny: compacité et enveloppe architecturale privilégiées

La cité-jardin du Petit Bétheny à Reims est l'un des premiers éco-quartiers français dont la première phase a démarré en 2000 avec la construction de 117 maisons respectant les 14 cibles de la démarche HQE. Les apports énergétiques du soleil ont été optimisés par une exposition Nord-Sud, l'élimination des ponts thermiques, une isolation soignée et la création d'un espace bioclimatique grâce à la végétation. Certaines maisons ont été équipées de pompes à chaleur ou de panneaux solaires pour la fourniture d'eau chaude. « Avec cinq ans de recul, explique Jean-Denis Mège, directeur développement du Foyer Rémois (groupe Urbavi), nous arrivons à la conclusion que la compacité du bâtiment et son enveloppe architecturale seront déterminantes pour généraliser économiquement la construction « durable ». Sur la base de ce constat, a été plus récemment construit l'immeuble certifié « Passiv Haus et Effinergie » et les projets en cours de 150 logements labellisés « Effinergie/ Grenelle 2012 » avec des surcoûts de seulement 5 à 8 %, pour des consommations énergétiques de moins de 15 kWh/m2 contre 120 kWh/m2 pour des logements actuels obéissant à la norme RT 2005 ». Après la cité-jardin du Petit Bétheny, place à des projets de plus grande envergure avec des éco-quartiers de mille logements qui devraient voir le jour à Reims et à Béthune.


Contact : Jean-Denis Mège, directeur développement du groupe Urbavi, 06 26 82 08 13 - jdmege@foyer-remois.fr


Annecy : une approche environnementale de l'urbanisme

Julien Lethiais, Chef de projet Agenda 21, 04 50 88 38 61
julien.lethiais@ville-annecy.fr

Sur une dizaine d'hectares dont quatre appartiennent à la ville, 600 à 800 logements et une nouvelle école, « vitrine du développement durable », autour d'une coulée verte centrale, créatrice de lien social : le futur éco-quartier d'Annecy devrait entrer en phase opérationnelle 2010, début 2011. « Ce projet a été abordé avec une approche environnementale de l'urbanisme mise au point par l'ADEME, explique Julien Lethiais, chef de projet Agenda 21. Elle consiste à considérer et intégrer en amont du projet, tous les aspects environnementaux autour des thématiques comme les transports, le bruit, la pollution, la biodiversité, la gestion des eaux usées et pluviales, les performances énergétiques ». Il souligne le caractère transversal de ce projet d'éco-quartier qui fédère la quasi-totalité des services municipaux : urbanisme, développement durable, voirie, espaces verts, écoles. Le futur éco-quartier traduit une volonté politique forte de reconquête de la ville sur la ville pour éviter d'épuiser les réserves foncières et d'un plus grand respect de l'environnement.


Chalon-sur-Saône : un éco-quartier inséré dans la ville

Estelle Montmailler, chargée d'études, Tél. : 03 85 90 50 66
estelle.montmailler@chalonsursaone.fr


Une quarantaine de villas urbaines durables, des jardins familiaux, largement maillés par des chemins piétons, constituent le c½ur de l'éco-quartier Saint-Jean-des-Jardins créé sur une ZAC de cinq hectares. Ce projet, qui a mis en valeur l'identité maraîchère des lieux, est le fruit d'un appel à expérimentation lancé par le PUCA (plan urbanisme, construction et architecture) pour aménager un nouvel habitat basé sur le développement durable, la mixité sociale, l'insertion urbaine et la volonté de réduire l'étalement urbain. « Les logements ont été volontairement dissociés des garages pour réduire les coûts mais surtout pour favoriser les modes de déplacements doux et créer du lien social autour d'un cheminement piéton central », explique Estelle Montmailler, chargée d'études au service urbanisme. Estelle Montmailler insiste sur l'intégration de cet éco-quartier par des aménagements cyclables et une ligne de bus dans le quartier qui permettent de relier le c½ur de la ville en dix minutes.