| Lettre du cadre | Techni.Cités | Tessolidaire | Profession territoriale | Fiches pratiques | Dossiers d'experts | Classeurs |
Le magazine des professionnels de la gestion territoriale.
|
Le magazine des professionnels de la gestion territoriale.
|
A partir de : |
![]() |
Article du numéro 371 - 18 décembre 2008
Les équipes de direction générale dépensent de plus en plus une énergie spectaculaire pour séduire leurs collaborateurs par la grandeur, la justesse et la générosité de leur projet stratégique, pour lequel elles réclament -évidemment - une forte implication. Or, tout semble montrer que l'enjeu de la mobilisation des personnels se trouve ailleurs : dans la « promesse » attractive et fiable qui est attendue par chacun, pour lui-même, de son employeur... Tous les articles du numéro 371 |
Philippe Dressayre - Directeur IDRH - pdressayre@idrh.fr
Les enquêtes sur la motivation et l'implication des collaborateurs convergent autour de trois constats récurrents, qu'elles soient conduites en entreprise ou dans le monde public :
- ce n'est pas la « valeur travail » qui s'est effondrée au cours des dernières années : les salariés ou fonctionnaires souhaitent toujours un travail intéressant, épanouissant même s'il comporte des contraintes fortes... et, à cet égard, les niveaux de satisfaction sont, la plupart du temps, élevés ;
- la « valeur entreprise » et l'image du « patron », elles au contraire, sont fortement remises en cause : la fidélité et encore plus l'allégeance à l'employeur, la confiance dans les dirigeants ne vont plus de soi et les plus jeunes - on le voit chez les cadres de la fonction publique territoriale - ne se sentent pas « attachés » à leur employeur comme pouvaient l'être leurs aînés ;
- cette désaffection pour l'appartenance à une entreprise ou une collectivité et cette indifférence, voire cette suspicion à l'égard des dirigeants, résultent, chez les fonctionnaires comme chez les salariés, d'un même facteur : le sentiment d'une insuffisante reconnaissance du travail fait mais aussi de soi-même, en tant que personne, et d'une absence d'équité dans le management des ressources humaines.
Face à ce constat, il ne peut plus être possible de se réfugier derrière le Code du travail ou le statut de la fonction publique pour invoquer des règles qui ne permettraient pas d'individualiser l'« offre » faite par l'employeur à chaque collaborateur. Confrontées à des enjeux de recrutement des meilleurs et de fidélisation des personnels « à potentiel », les collectivités territoriales devraient être de plus en plus vigilantes à la qualité du « contrat employeur - employé » qu'elles peuvent proposer à chacun de leurs agents. Elles devraient chercher à abandonner, par là, une GRH encore souvent marquée par un « traitement de masse » d'effectifs et une idéologie de l'égalité devant la carrière, peu propice à l'expression d'une reconnaissance personnalisée des collaborateurs. Le principe du « contrat employeur - employé », propre à chaque agent, renvoie, pour une part, à un modèle managérial de la relation bilatérale fondée sur l'équilibre contribution/rétribution. Mais il va plus loin en entendant que des « engagements » réciproques lient les parties au « contrat » : engagement d'implication, d'un côté, engagement de reconnaissance, de l'autre. Il conduit aussi l'employeur à s'interroger sur son image en tant qu'employeur et pas seulement en tant qu'entreprise ou institution, sur la « valeur » aussi de ce qu'il « vend » en terme d'emploi et de parcours professionnel pour chaque collaborateur.
Pour progresser dans cette voie, la collectivité devra - dans un premier temps - procéder à un double diagnostic : analyser, tout d'abord, le « contrat implicite » qu'elle passe, aujourd'hui, de facto avec chacune des catégories d'agents, tel qu'elle le conçoit mais aussi tel qu'il est perçu par les personnels ? Ensuite, évaluer ses besoins de fidélisation des compétences existantes et d'attractivité de celles qui font défaut et mesurer le degré d'adéquation de sa « promesse employeur » par rapport aux attentes des collaborateurs (effectifs ou potentiels), susceptibles de répondre à ces besoins.
Au-delà de ce diagnostic initial, c'est au contenu et aux modalités de la proposition de « contrat employeur - employé » qu'il convient de travailler à une indispensable personnalisation de la « promesse » d'emploi et de parcours (plutôt que de carrière).

Votre panier est vide.