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Aménagements paysagers : la main «verte» des collectivités

Article du numéro 368 - 01 novembre 2008

Boîte à outils

Elles cultivent un plus grand respect de l'environnement et de la biodiversité avec une gestion différenciée de leurs espaces verts ou sont à l'initiative d'action de sensibilisation de leurs populations. Petite cueillette des initiatives qui germent et fleurissent partout en France.

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Avec 811 hectares, soit 15 % de la superficie de la ville, Rennes s'est progressivement imposée comme une pionnière de la gestion différenciée des espaces verts. Exit les méthodes consommatrices d'eau et de produits phytosanitaires, notamment responsables de la pollution des sols, de l'eau, de la perte de la biodiversité. Comme la capitale bretonne, de plus en plus de collectivités ont adopté ce mode alternatif de gestion écologique des espaces verts en fonction de leur usage et intègrent des méthodes « douces » d'intervention. « Zéro phyto » est désormais l'objectif de nombreuses villes, qui ont réussi le pari de diminuer l'utilisation de pesticides de 90 % grâce à l'implication des collectivités, du milieu associatif, des professionnels du jardinage et des particuliers. « À Marseille, parmi les vingt actions en ­faveur du développement durable mises en œuvre dans la gestion de nos espaces verts, nous privilégions les essences locales, plus résistantes aux parasites et les plantes vivaces moins consommatrices en eau, ainsi que le désherbage manuel et thermique », indique Dominique Sarraihl, du service parcs et jardins.


Remettre en cause des pratiques ancrées

Embellir certes, mais plus à n'importe quel prix et surtout pas au mépris du maintien de la biodiversité. Cela a conduit les collectivités à faire coexister harmonieusement les différentes fonctions des aménagements verts : sociale, récréative, éducative, paysagère et écologique... La ville de Grande-Synthe pratique ainsi désormais trois types de gestion articulés grâce à des zones tampons : gestion horticole avec des espaces d'embellissement fleuris ; gestion semi-naturelle qui confère aux espaces un aspect champêtre par une diminution de la fauche et enfin gestion naturelle avec des milieux de type boisements, prairies, ­canaux, zones humides...

La gestion différenciée des espaces verts est une démarche progressive. Les clefs de son succès : une forte implication des élus et des techniciens, des formations pour remettre en cause des pratiques fortement ancrées. Sans oublier une démarche de sensibilisation des ­habitants pour leur permettre de comprendre les raisons du changement de leur paysage quotidien et susciter l'envie de devenir à leur tour des éco-acteurs.


Objectif « zéro phytosanitaire » à Nantes métropole :

« Zéro phytosanitaire » pour l'entretien des espaces verts publics et moins 50 % de ses intrants chimiques. À Nantes Métropole, la volonté est claire : limiter la pollution des sols et de l'eau par les pesticides, restaurer des équilibres écologiques, valoriser la nature en ville et faciliter la gestion et l'entretien. Une charte communautaire a été signée en 2007 par l'ensemble des communes de la CU pour éliminer progressivement les herbicides sur la totalité de l'espace public et engager une réflexion avec les acteurs institutionnels ou privés sur leurs jardins.


Contact : Nantes Métropole, 02 40 99 48 48


Cholet choisit la gestion différenciée

Dès leur conception, les parcelles sont classées suivant leur identité paysagère, leur biodiversité, leur type de gestion et leur fonction sociale. Les résultats de ces pratiques sont évalués grâce à un système de management environnemental établi à partir d'objectifs politiques, d'un périmètre d'actions et de divers thèmes environnementaux (eau, énergie, déchets verts, bruit, pratiques phytosanitaires, fertilisants, déplacements...). Des objectifs stratégiques et opérationnels sont définis avec des indicateurs annuels permettant de mesurer les progrès accomplis. La modulation des arrosages des terrains de foot ou l'installation de goutteurs a fait baisser la consommation d'eau de moitié en 2007.


Contact : ville de Cholet, 02 41 49 25 00


Des chiffres qui incitent à agir

- La France est le premier consommateur de pesticides en Europe et le second au monde.


- Avec 2 kg par an et par habitant, notre pays est en tête pour la quantité de pesticides épandus par hectare cultivable.


- C'est dans les villes qu'on utilise le plus de désherbants par hectare d'espaces traités.


- La pollution par le ruissellement des pesticides urbains est 20 fois plus importante que par les pesticides agricoles (bilan réalisé dans le bassin de la Marne).


Petit lexique

Pesticide : substances utilisées pour prévenir, contrôler ou éliminer les organismes jugés indésirables (plantes, champignons, bactéries...) en usage agricole, domestique, urbain ou sur voirie...


Produits phytosanitaires : utilisés en agriculture, ils regroupent les herbicides, fongicides, insecticides, rodenticides (contre les rongeurs) et molluscicides (contre les escargots). Les produits d'entretien des espaces verts appartiennent à cette famille.