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Re: [Social] Le droit à une sexualité, malgré un handicap : entré dans les moeurs ? - 09/01/2010 11:17:33

Bonsoir Jean-Michel, bonsoir à toutes et tous,

merci pour cette information qui fait écho à mon expérience de terrain
acquise pendant 8 ans en qualité d'accompagnateur-médiateur sociétal.
Elle m'amène à agréger d'autres références et poser des questions sur un
sujet délicat, dépendant de l'époque et de la civilisation considérée,
donc complexe.

Alors que nombreux sont ceux qui ajoutent "épanouie",
vous évoquez la sexualité comme un droit acquis : a-t-il fait l'objet
d'une loi ou autre ?
Si oui, merci de m'indiquer des références en ligne.


__Autre références et Questions__

La prostitution fait débat en France :

http://www.mouvementdunid.org/Handicap-accompagnement-sexuel-ou
pour
Handicap : accompagnement sexuel ou prostitution ?
complété de
http://www.psychasoc.com/Textes/Handicap-accompagnement-sexuel-et-prostitution
dont
Marcel Nuss, polyhandicapé, a rédigé un rapport (adressé au ministère de
la solidarité) demandant la création en France, sur le modèle
néerlandais, d?un accompagnement sexuel pour les « autrement capables »,
c?est-à-dire les grands handicapés n?ayant pas l?usage de leurs membres
supérieurs, et si j?ai bien compris, les handicapés mentaux.
Il invoque « une question de droit, de citoyenneté et d?humanité ».
....
Les associations qui réclament l?instauration de ce « service »
appellent à une révision des textes qui régissent la prostitution de
façon à ne pas tomber pour proxénétisme
....
On voit proliférer les droits (sans que ne soient jamais évoqués les
devoirs d?ailleurs) à tout et n?importe quoi. Comme si les droits
n?étaient pas balisés par des valeurs, une éthique, des principes.
Notamment les valeurs républicaines de liberté d?égalité et de
fraternité. Il serait temps de s?en souvenir. Le principe éthique énoncé
par Emmanuel Kant qui exclue de la marchandisation ce qu?il nomme « la
dignité » humaine, ce qui exclue la marchandisation du corps n?est, me
semble-t-il, pas dépassé. Le droit à une sexualité ainsi posé n?est donc
pas soutenable en tant que tel.
Ce n?est qu?un article de plus qui fait du sexe un mode de consommation
comme un autre. C?est de plus confondre allègrement génitalité et
sexualité. Ce qui ne signifie pas, bien évidemment, qu?il n?y a pas à
prendre en compte les désirs des malades, des handicapés etc mais s?il
s?agit de les accompagner ce n?est certes pas dans un geste d?appui à la
consommation qui réduit l?acte sexuel à une pure marchandise. En termes
de droits il existe un respect de l?intimité; ce qui n?est pas le droit
d?y faire n?importe quoi.
....
Le débat actuel est une véritable hypocrisie. Dans le même temps l?Etat
interdit la prostitution, la refoule dans des zones de dangerosité et
d?exclusion; et lève ? l?impôt sur les bénéfices des prostitués. C?est
un problème de société plus vaste. Pourquoi un tel refoulement dans le
domaine sexuel ? Pourquoi les hommes ne sont-ils plus capables de
sublimation du côté de l?art, de l?érotisme, de la création, du jeu, du
vivre ensemble, autant de domaines où la sexualité, alimentée par cette
énergie vitale que Freud nommait Libido, peut trouver à s?exprimer,
plutôt que « sexe-primer ». Pourquoi ? Parce que nous avons mis sur pied
la mondialisation d?un système néolibéral, où tout est marchandise et
tout est spectacle, pour reprendre une formule des situationnistes. Le
citoyen a été réduit à l?état de pur consommateur. Et ce qui échappait
jusque là au trafic, à savoir la marchandisation des corps, des organes,
du vivant etc en fait aujourd?hui partie. C?est à une véritable
révolution éthique que nous somme appelés aujourd?hui. Nous avons fait
comme s?il n?y avait aucune limite à la jouissance, que ce soit des
objets ou du corps d?autrui. Or cette limite, chassée par la porte, nous
revient de façon dramatique par la fenêtre, que ce soit dans les
désordres écologiques que nous avons engendrés, ou la destruction des
collectifs humains, jusqu?à cette forme généralisée de mise à l?étalage,
comme viande de boucherie des corps de femmes, d?hommes, d?enfants que
nous voyons proliférer. Allons-nous poursuivre cette destruction du fait
humain ? Faute de cette prise de conscience les « trumains » risquent
fort de disparaître de la planète. Donc le débat sur la prostitution est
à envisager à nouveau frais à l?aune de cette nouvelle donne : le
neoliberalisme.
....
L?acte sexuel relève de la vie privée et non professionnelle. Comment
d?ailleurs protègerait-on les usagers de la manipulation des
professionnels s?ils ne s?astreignaient eux-mêmes à une limite que leur
place leur impose. Il en est autrement de l?érotisme qui est au
fondement du lien social. Il trouve ses modes d?expression dans une
sexualité assumée sous des formes socialement permises et valorisées.
Mais en aucun cas ce qui relèverait d?un passage à l?acte chez le
professionnel ne peut être cautionné. Le dieu Eros est facteur de
cohésion sociale, comme le dieu Thanatos est facteur de destruction.
Nous écoutons sans doute un peu trop celui-ci de nos jours.
....
Je suis absolument contre la création de ce genre de services qui
rabaissent un peu plus l?humain à un niveau de simple consommateur, un
être de besoin etc. Cette démarche renverserait le travail social dans
le champ de la marchandisation. Autrement dit je ne vois pas bien en
quoi la création de telles structures se distinguerait d?un bordel.
L?argument de « safe sex » avancé ne fait qu?en recouvrir l?infamie. La
psychanalyse peut nous ouvrir les yeux dans le sens d?une éthique
renouvelée qui exige de faire un pas de côté et de retrouver ce qu?être
humain veut dire. Le paradoxe est que plus on prétend libérer la
sexualité dans le sens que vous évoquez plus le refoulement est fort et
plus le malheur est grand. Un homme, fait dire Camus à un de ses
personnages, dans Le dernier homme, ?uvre qu?il a laissée inachevée, un
homme « ça s?empêche ». C?est bien plutôt cet empêchement qu?il faut
viser plutôt qu?une prétendue libération des m?urs qui mène au pire.
Si nul n?a osé proférer la moindre objection ou réticence à Strasbourg,
voici les miennes.
Qui seront les personnes qui « consentiront » à ces« emplois »
d?accompagnantes sexuelles ?
Risques pour la société dans son ensemble ?

qui amène à
http://www.psychasoc.com/Textes/Instituer-la-sexualite-une-folie-!
pour
Instituer la sexualité: une folie !
de Joseph Rouzel
qui dit notamment
"Reste à inventer sans cesse les appareils collectifs pour accueillir ce
mode de traitement."


et
http://sexhi.nancy-universite.fr/index.php?id=colloques#c39
pour
projet de recherche sur le handicap et la sexualité en institution
(projet SEXHI)
dont
Colloque "La pudeur et le soin", 28 mars 2008, Faculté de Droit,
Sciences économiques et Gestion, Université Nancy 2
et
Table-ronde "La pudeur et le soin", 19 mars 2009, Faculté de Droit,
Sciences économiques et Gestion, Université Nancy 2

La liberté sexuelle, colloque des 18 et 19 octobre 2007, Faculté de
Droit, Sciences économiques et Gestion, Université Nancy 2
qui
évoque les rapports qu?entretiennent la liberté sexuelle avec le droit
au respect de la vie privée, la liberté de disposer de son corps ou
encore avec le principe de l?autonomie personnelle.
Signale que
Les limites posées à la liberté sexuelle n?ont pas disparu, mais se sont
déplacées. La protection de la dignité de la personne humaine a remplacé
la protection des bonnes m?urs en tant que justification de certaines
limites posées à l?exercice de la liberté sexuelle. En outre, il
apparaît que le droit ne consacre pas une égale reconnaissance de toutes
les formes de sexualité. Ainsi, si le droit traite aujourd?hui de façon
égalitaire l?hétérosexualité et l?homosexualité, il reste des pratiques
sexuelles minoritaires (prostitution, sadomasochisme) qui ne bénéficient
pas du même statut et peuvent toujours tomber sous le coup de la loi pénale.
L?étude du régime répressif de la liberté sexuelle fait apparaître un
paradoxe : la libéralisation des m?urs s?est accompagnée d?un
accroissement de la pénalisation des comportements sexuels qui se
traduit par une sévérité croissante des peines et une multiplication des
infractions. Se pose alors la question de la ligne de partage qui permet
de distinguer les comportements licites des comportements illicites. Le
consentement constitue aujourd?hui le critère déterminant en la matière.
Mais que faut-il entendre par l?exigence d?un tel consentement : doit-il
se comprendre comme le seul consentement des partenaires sexuels ou
suppose-t-il également un certain consensus social ?
A la lumière des règles applicables à la prostitution ou encore aux
pratiques sadomasochistes, il apparaît que la sexualité ne peut
s?exercer librement qu?à la condition de faire l?objet d?une double
consensus : un consensus social et un consensus de la part des
partenaires sexuels qui se traduit par leur consentement.


Congrès international de la société de psychogériatrie de langue française
MIETKIEWICZ M.-C., TONIOLO A.-M., VAUTHIER J.-Ph., "Quelle sexualité
autorise l'institution à ses résidents atteints d'une maladie d'Alzheimer?


Sur Marcel Nuss
http://www.exalead.com/search/web/results/?q=Marcel%20Nuss
http://www.google.fr/search?q=Marcel+Nuss&ie=utf-8&oe=utf-8&aq=t&rls=org.mozilla:fr:official&client=firefox-a
http://fr.altavista.com/web/results?itag=ody&q=Marcel+Nuss&kgs=1&kls=0


Sur l'accompagnement
Accompagner accompagnement personne dépendante dépendance handicap
handicapée
http://www.google.fr/search?q¬compagner+accompagnement+personne+d%C3%A9pendante+d%C3%A9pendance+handicap+handicap%C3%A9e&ie=utf-8&oe=utf-8&aq=t&rls=org.mozilla:fr:official&client=firefox-a
http://fr.altavista.com/web/results?itag=ody&q¬compagner+accompagnement+personne+d%C3%A9pendante+d%C3%A9pendance+handicap+handicap%C3%A9e&kgs=1&kls=0
http://www.exalead.com/search/web/results/?q¬compagner%20accompagnement%20personne%20d%C3%A9pendante%20d%C3%A9pendance%20handicap%20handicap%C3%A9e


Sur le droit à une sexualité
http://www.planning-familial.org/themes/theme01-sexualite/index.php
http://www.exalead.com/search/web/results/?q=droit%20%C3%A0%20une%20sexualit%C3%A9
http://www.google.fr/search?q=droit+%C3%A0+une+sexualit%C3%A9&ie=utf-8&oe=utf-8&aq=t&rls=org.mozilla:fr:official&client=firefox-a



__Mes questions en lien avec mes pratiques dans le cadre d'une
association humanitaire :__

la notion d'espace de liberté et de médiation ne serait-elle pas bien
adaptée à l'étude de ces questions qui croisent intimité, famille et
société dont droit ?

Quels pourraient être les autres apports d'un espace de liberté et de
médiation garanti par un accompagnateur-médiateur sociétal chevronné et
supervisé ?

La Maison des Humanités (lieu d'accueil de micro-proximité, apolitique
et non confessionnel, lieu de vie et espace de liberté et de médiation)
ne serait-il pas un des outils utiles pour traiter au bon niveau et sans
institutionnalisation excessive, notamment les problèmes de sexualité,
en lien avec l'ensemble des spécialistes, associations et travailleurs
sociaux ?

Ne pourraient-ils pas contribuer à co-construire des solutions
consensuelles qui feraient la synthèse entre tous ces conflits qui
concernent tous les citoyens malgré leurs valeurs parfois très
différentes et leur état de santé ?


bien cordialement

Jean-Luc Poitoux,
Référent AMS
accompagnateur-médiateur sociétal

Signer et faire signer la pétition de soutien a encore du sens pour
relancer un projet associatif qui n'a jamais été autant d'actualité
malgré la liquidation de notre association humanitaire, à
http://www.petitionduweb.com/Sauvons_l_association_ARC_en_ciel_developpement-4889.html

ARC-en-ciel développement
'vers une vie et un emploi désirés'
http://www.arcdev.org




Jean-Michel CAUDRON a écrit :
> *Le droit à une sexualité, malgré un handicap*
>
> Si le droit à une sexualité des handicapés existe, leurs désirs intimes
> restent un sujet tabou et l'objet de préjugés. La formation de dix
> assistants sexuels en Suisse romande a attiré l'attention sur un monde
> occulté, fait de besoins étouffés et de carences affectives.
>
> Ils et elles sont infirmières, masseurs, thérapeutes ou artistes. Ils
> ont entre 35 et 55 ans et sont formés pour répondre aux besoins sexuels
> de personnes frappées d'un handicap. Une tâche délicate, car la
> sexualité des invalides est souvent refoulée par la société et la cible
> de préjugés qui ont la vie dure.
>
> Parler de son propre corps et de son rapport à l'intimité et au sexe
> n'est pas facile. Ça l'est encore moins si l'on est considéré comme
> «différent». Et pourtant, «la sexualité des handicapés est un droit qui
> doit être respecté et protégé avec une extrême tendresse», affirme Ahia
> Zemp. La psychothérapeute est responsable de la Fachstelle Behinderung &
> Sexualität (FABS) de Bâle qui est aussi la première association en
> Suisse qui propose une formation pour assistants érotiques :
> http://www.lamaisondelautonomie.com/index.php/Dernieres-news/Sexualite-handicap.html
>


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