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Liste : Liste des acteurs de la vie scolaire

[ml-viescolaire] le piège de la mixité ? - 15/12/2009 17:05:58

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*_La mixité en question_*

_ _

*/S/**i la plupart des pays européens adoptent la mixité des
établissements scolaires, des modes d'éducation alternatives se
développent. Les pédagogues eux même s'intéroggent : et si la mixité
était un piège ?*

Dans les années 60, la France a instauré progressivement la mixité des
établissements scolaires en unifiant les programmes. Ce modèle s'est
installé dans toutes les démocraties occidentales dans la seconde moitié
du XXème siècle, y compris dans bien des écoles confessionnelles sous la
pression notamment des féministes qui la considérait comme une étape
essentielle vers l'égalité des sexes.

*Les stéréotypes persistent.*

Aujourd'hui, constatant que la mixité ne permet pas d'enrayer les
stéréotypes dont sont victimes les femmes, elles en reviennent. Car si
en janvier 2003, le /Monde de l'éducation/ titrait /« Faut-il sauver les
garçons ? »/ le rapport demandé à Catherine MARRY, sociologue (CNRS)
donne a voir une réalité plus complexe. Certes les filles sont au niveau
mondial en tête du primaire à l'université. Mais à l'école il persiste
de forts stéréotypes qui désavantagent les filles. Ainsi malgré ces bons
résultats scolaires, l'insertion sociale des femmes serait moins
réussie.*_ _*Quand aux garçons ils seraient eux victimes d'un malaise
identitaire vis-à-vis des /« bonnes élèves »/ .

*/une fracture sexuée/*

Jean-Louis AUDUC, Directeur adjoint de l'IUFM de Créteil fait un constat
assez alarmant : /« sur les 150 000 jeunes sortants sans aucune
qualification du système éducatif (…) plus de 100 000 sont des garçons
»./ Les garçons sont moins nombreux à obtenir un baccalauréat (14 points
d'écart) tandis que les filles sont plus nombreuses à devenir diplômées
du supérieur. Enfin, il souligne que les jeunes filles ont un taux de
chômage légèrement inférieur à celui des garçons, car plus protégée par
leur diplômes. Il va même jusqu'à parler /« d'une fracture sexuée » /et
jusqu'à en conclure que les filles issues de milieux défavorisées
réussissent nationalement mieux en lecture ou au bac que les garçons
issus de milieux favorisés.

*/Crise d'identité masculine/*

Les stéréotypes ont en effet la dent dure. Les métiers physiques
nécessitant moins de diplômes sont réservés aux garçons. A contrario les
métiers d'encadrement à l'école (insitutrices, Atsem) sont très
majoritairement féminins et les garçons ne trouvent pas de métiers
masculins visibles durant toute leur scolarité. Le pouvoir
d'identification est donc faible. A cela s'ajoute une différence de
maturité au moment décisif des 10/ 14 ans, période pourtant cruciale
dans leur scolarité. Cette crise d'identité masculine pourrait expliquer
en partie la violence machiste faite aux filles, encouragée par l'image
de femme-objet véhiculée par les médias. A l'adolescence, cette violence
grandissante entre les deux sexes traduirait la frustration sexuelle
éprouvée par les garçons. Selon Jean-Louis AUDUC, ils tenteraient de /«
reconquérir par la force la place qu'ils ont perdu dans le domaine de la
réussite scolaire »./

*Améliorer la cohabitation des deux sexes*

En mai 2008, le Parlement a adopté définitivement la nouvelle loi
anti-discrimination, qui rend possible d'organiser un enseignement
séparé pour les garçons et les filles à l'école. Cette possibilité
s'inscrit dans une volonté de voir plus de femmes dans les filières
scientifiques et technologiques plus pourvoyeuses d'emplois.
Malheureusement en France, la plupart des écoles, collèges et lycées non
mixtes, sont confessionnels et payants. Comment analyser les effets de
la non mixité dans un environnement déjà sélectif d'un point de vue
sociale ? La question reste néanmoins posée. Selon Jean-Louis AUDUC /«
gérer la mixité, ce n'est pas seulement mettre des garçons et des filles
ensemble, mais réfléchir aux stratégies appropriées pour mieux faire
réussir et vivre ensemble filles et garçons »./ Ces stratégies doivent
aider à améliorer la cohabitation des deux sexes, de même que leur
communication. En n'oubliant pas que le sexe n'est qu'un critère parmi
d'autres.

*Bibliographie :*

Jean-Louis AUDUC, /Sauvons les garçons !/, Descartes et Cie, 2009

Michel FIZE, /Les pièges de la mixité scolaire/, Presses de la
Renaissance, 2003

Convention pour l'égalité entre les filles et les garçons, les femmes et
les hommes, dans le système éducatif du 29 juin 2006
_http://www.education.gouv.fr/bo/2007/5/MENE0603248X.htm_

Etude de la Halde sur la place des stéréotypes et des discriminations
dans les manuels scolaires :
_http://www.halde.fr/Stereotypes-et-discriminations.html_

* *

* *

* *

*/Des prophéties auto réalisatrices/*

Le débat sur la réussite scolaire cache un autre constat tout aussi
inquiétant : malgré leurs bons résultats l'insertion professionnelle est
toujours plus favorables aux garçons. D'après les travaux scientifiques
cette inégalité serait dû à la persistance du cliché des filles
littéraires et des garçons matheux. Les garçons seraient interrogés sur
des questions plus cognitives, de raisonnement, tandis que les filles
seraient sollicitées sur les cours précédents et des travaux de
mémoire.. Les enseignants et parents instaureraient un processus /« de
prophéties auto réalisatrices »/ cantonnant majoritairement les filles à
des branches moins pourvoyeuse d'emplois et moins diversifiées. Même en
classe professionnelle, les filles sont à 70 % dans des secteurs de
service tels que le secrétariat ou les classes sanitaires et sociales.
Claude LELIEVRE, historien de l'éducation, va même plus loin /« c'est
justement à cause de cette suprématie des filles à l'école que la
société tout entière ne prend pas au sérieux la réalité des femmes dans
le monde du travail, où elles demeurent sous le plafond de verre. »/

/ /

Un exces de culture virile

D'après une enquête tirée du livre /Egalité des sexes en éducation et en
formation/, dirigée par Nicole Mosconi, en 1998, les filles suivant un
scolarité dans un établissement non mixte progresseraient dans les
matières scientifiques et technologiques et deviendraient meilleures en
physique et en mathématiques. De plus, elles n'auraient pas à subir les
violences ou suggestions sexuelles de leur homologues masculins en
pleine puberté. En Floride, le bilan reste mitigé. Les garçons
scolarisés dans des classes non mixtes seraient plus performants, mais
les détracteurs dénoncent un excès de culture virile, proche des
comportements machistes.


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Laurent THOVISTE, Directeur de la rédaction
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Tel 04 76 65 77 78 , fax 04 76 93 12 69

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