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Nouvelles formations : recul ou avancée ?

Article du numéro 364 - 01 septembre 2008

Cahier RH - Tribune

En matière de formation, l'égalité de traitement entre catégorie A, B et C est discutable, du fait de la nature différente des métiers et activités.

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Riche en réformes statutaires, ces dernières années ont vu progressivement le paysage de la gestion des RH des collectivités se ­modifier en profondeur. Organisations de main-d'œuvre employant plus de 60 % des 1,6 millions de fonctionnaires territoriaux, les grandes collectivités territoriales ne peuvent que souscrire à ces évolutions même si leur rythme et parfois leur contenu, mettent en évidence l'impérieuse nécessité de la concertation et de la participation des grands employeurs locaux à ces réformes.


Leviers d'action

En matière de GRH, la bonne adéquation activités/compétences des agents, leur capacité d'adaptation aux évolutions des métiers territoriaux deviennent des enjeux primordiaux du fait des contraintes sur les effectifs. Elles nécessitent :


- un encadrement performant capable de maîtriser les enjeux et de conduire le changement ;


- mais aussi une réforme en profondeur du levier stratégique que constitue la formation tout au long de la vie pour l'ensemble des agents territoriaux et en particuliers les catégories C.

La création du DIF, la mise en œuvre du ­livret individuel de formation, la clarification des formations statutaires obligatoires offrent autant de leviers d'action permettant, si les collectivités ne s'en étaient pas déjà saisies, de réformer en profondeur les stratégies et dispositifs de gestion des compétences des fonctionnaires territoriaux.


Dynamiques contradictoires

Jean-Marie Reynaud

DGAS ressources et relations humaines, Aix-en-Provence
Président de l'Association des DRH de grandes collectivités

Pour autant, les formations d'intégration et de professionnalisation et leurs récents décrets ont amorcé des dynamiques contradictoires, au regard des besoins en compétence des collectivités et des besoins de formation de chaque catégorie de personnel :

- en rendant homogènes à cinq jours les formations d'intégration de tous les cadres d'emplois et donc en réduisant très fortement les formations statutaires dont bénéficiaient les ­cadres A et B, le décret 2008-513 risque d'engager les collectivités à privilégier les formations pointues au poste de travail aux dépens de formations plus généralistes et davantage orientées vers des modules ­visant l'apprentissage de la posture professionnelle du cadre. La question pour les collectivités de disposer de cadres de bons niveaux, polyvalents et rodés à la gestion locale, renvoie à des dispositifs qui leur sont propres, réduisant ainsi l'homogénéité des formations des cadres au niveau national et donc leur mobilité. Une solution intermédiaire, réduisant le ­volume de jours de formation de ­cadres, mais assurant leur culture de la gestion locale aurait pu être trouvée, comme cela a été fait pour les A + ;

- le décret, en instaurant la formation d'intégration de cinq jours pour les catégories C, fait beaucoup progresser l'immersion de ces agents dans les ­organisations et ­métiers territoriaux leur donnant ainsi la capacité de mieux percevoir la culture territoriale, les ­enjeux de leurs activités et métiers et les évolutions qu'ils devront ­affronter. Ces formations ouvrent la voie à un besoin de professionnalisation des C, ressource essentielle des collectivités : on ne peut que s'en féliciter.

On l'a compris, la logique « d'égalité de traitement » entre un cadre de catégorie A ou B et un agent de catégorie C en matière de formation d'intégration comme de professionnalisation est discutable, du fait de la ­nature différente des métiers et activités qui peuvent être exercés. L'équilibre des ressources consacrées par le CNFPT peut expliquer ces évolutions contrastées. La bonne formation des cadres A ou B territoriaux et des agents de catégorie C reste un équilibre à atteindre qui nécessitera de faire évoluer à nouveau ces ­décrets, qui pourront être mieux adaptés aux ­besoins, parce que mieux concertés avec les ­employeurs territoriaux.

Contact:

ReynaudJM@mairie-aixenprovence.fr